Être seul avec soi-même : et si cet inconfort avait quelque chose à vous dire ?
- Elise KLEIN

- 12 mai
- 4 min de lecture
Être seul avec soi-même devrait être un moment de repos. Pourtant, pour beaucoup de personnes, ce face-à-face est devenu inconfortable. Vous fermez la porte, le silence s'installe, et tout de suite quelque chose en vous se met en mouvement. Une envie d'attraper le téléphone, d'allumer un écran, de chercher une tâche, n'importe laquelle, pour ne pas rester là, simplement, avec vous-même.

Quand être seul avec soi-même ne repose plus, mais révèle.
La solitude a plusieurs visages, et il est utile de les distinguer. Il y a celle que l'on choisit, qui ressource. Il y a celle que l'on subit, qui blesse. Et puis il y a un troisième inconfort, plus subtil, que la vie quotidienne suffit rarement à expliquer.
Cet inconfort peut exister même quand votre vie relationnelle est pleine. Vous pouvez avoir un conjoint, des enfants, des collègues, des messages qui arrivent, des projets en cours, et pourtant ressentir une gêne particulière dès que le rythme baisse. Ce n'est donc pas toujours une question de présence des autres. C'est aussi, et parfois surtout, une question de présence à soi.
Le silence ne vous fait pas peur en lui-même. Ce qui devient inconfortable, c'est ce qu'il laisse remonter quand plus rien ne distrait : une fatigue retenue depuis longtemps, une tristesse sans contour précis, une autocritique tenace, ou simplement une sensation de flottement qui déstabilise.
Pourquoi être seul avec soi-même devient parfois si difficile.
Pour beaucoup, le problème ne se situe pas dans le fait d'être seule. Il se situe dans le fait que cet espace intérieur n'est plus vécu comme un lieu sûr. Le calme n'y est pas associé à la sécurité. Il y est associé à l'exposition.
Les personnes très fonctionnelles connaissent souvent cela. Vous tenez, vous organisez, vous anticipez, vous portez. Vous êtes efficace, présente, parfois soutenante pour tout votre entourage. Vous avez appris à vivre dans l'action, dans la gestion, dans l'adaptation. Et lorsque tout s'arrête, ce calme inhabituel ne sait pas où se poser.
Ce n'est pas un défaut de volonté. Ce n'est pas non plus un manque de discipline. C'est simplement que cette zone intime n'a pas encore été suffisamment apprivoisée pour offrir un appui stable.
Pourquoi nous remplissons le vide si vite.
Le réflexe de remplissage est presque automatique : un écran, un bruit de fond, une tâche secondaire, quelques messages, un peu de scrolling. Ce réflexe n'a rien de ridicule. Il protège. Il met à distance ce qui pourrait monter dans le silence.
Le mécanisme est d'autant plus discret qu'il se confond avec le quotidien. Vous vous dites que vous aimez être active, que vous détestez perdre du temps, que votre esprit a besoin d'être occupé. C'est parfois vrai. C'est aussi, parfois, une façon de couper avant d'entendre.
À force, ce remplissage devient une véritable habitude relationnelle avec soi-même. On ne laisse plus de place à l'émergence d'une sensation, d'une pensée, d'une émotion. On finit par confondre repos et anesthésie. Et l'on s'épuise tout en pensant se reposer.
Ce que la sophrologie change dans ce face-à-face.
La sophrologie ne propose pas de faire le vide. Elle ne demande pas non plus de supporter héroïquement le silence. Elle propose tout autre chose : rendre la présence à soi plus respirable, plus sûre, plus stable.
Le premier déplacement passe par le corps. Quand l'inconfort intérieur monte, le réflexe est souvent de raisonner, d'analyser, de chercher à comprendre. Or plus l'on pense, plus le mental s'agite. Le corps, lui, offre une voie plus stable. Sentir ses appuis, repérer son souffle, observer une tension sans l'aggraver, revenir à une sensation simple et concrète : ce mouvement change la qualité du vécu. Le mental se pose. Le silence redevient un espace habitable.
C'est ce travail progressif et structuré qui est au cœur de la sophrologie. On n'expose pas la personne à ce qu'elle fuit. On l'accompagne à recréer des repères internes, à remettre du corps là où tout passait par la tête, et à rendre le calme moins étranger.
Quelques pistes concrètes pour apprivoiser ce moment.
Voici trois ouvertures que vous pouvez explorer dès cette semaine, sans attendre :
Commencer petit, vraiment petit. Si rester seule trente minutes avec vous-même vous semble insurmontable, n'essayez pas trente minutes. Essayez trois. Posez le téléphone. Asseyez-vous. Respirez. Trois minutes répétées chaque jour transforment davantage qu'une heure forcée une fois par mois.
Revenir au corps avant de revenir aux pensées. Quand l'inconfort monte, ne cherchez pas immédiatement à comprendre. Sentez d'abord vos pieds au sol, le poids de vos mains, le souffle qui passe. Le corps est le sol stable. C'est par lui que le calme redevient sécurisant.
Renoncer au jugement. Si vous ne tenez que deux minutes, c'est deux minutes. Ce n'est ni un échec, ni une preuve de quoi que ce soit. La régularité construit bien plus que la performance.
Quand se faire accompagner ?
Il arrive que ce chemin soit trop difficile à engager seule. Quand être seul avec soi-même devient envahissant, quand cela colore les soirées, les week-ends, les retours à la maison, quand cela s'accompagne d'anxiété, de troubles du sommeil ou d'une fatigue qui ne passe plus, se faire accompagner peut vraiment changer les choses.
La sophrologie, dans ce cas, ne remplace évidemment ni un suivi médical ni un travail psychothérapeutique. Elle constitue un appui complémentaire précieux pour réapprendre, pas à pas, à habiter votre présence intérieure avec plus de douceur et de sécurité.
C'est précisément le type de travail que je propose en cabinet : un accompagnement progressif, respectueux de votre rythme, qui s'appuie sur des outils sophrologiques éprouvés pour réinstaller de la sécurité dans votre présence à vous-même. Chaque parcours est construit sur mesure, en fonction de ce que vous traversez et de ce dont vous avez besoin.
Vous reconnaissez-vous dans cet inconfort ?
Si être seule avec vous-même est devenu un terrain difficile, vous n'avez pas à le traverser seule. Je vous accompagne en cabinet à Perpignan (62 avenue Georges Guynemer) ou en visioconférence partout en France.
Pour échanger sur ce que vous vivez et voir ensemble si la sophrologie peut vous soutenir, prenez rendez-vous pour un premier appel découverte.
Élise Klein, sophrologue certifiée RNCP, spécialisée en gestion du stress et de l'anxiété. Sophro & Cie, Perpignan.



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